Tendances récentes de l’émigration depuis la France

Un rapport publié en janvier 2021 par la Direction générale du Trésor et l’OCDE, intitulé « De la France vers le monde : que révèle l’augmentation de l’émigration française ? », met en lumière les tendances de l’expatriation française.

Avant -propos:

“Dans cette note, les « émigrés français »  sont en général définis comme les individus nés en France et résidant dans un autre pays. Les données d’émigration fondées sur le lieu de naissance peuvent être considérées comme un minima dans la mesure où elles ne permettent pas d’identifier l’expatriation des immigrés naturalisés français, ni celle des enfants nés à l’étranger de parents Français (donc nés Français) qui auraient émigré après un retour en France, par exemple pour y étudier ou avoir une première expérience professionnelle.”

En 2019, les Nations Unies comptabilisent environ deux millions de personnes nées en France vivant à l’étranger. Cet effectif a augmenté de 52 % au cours des 20 dernières années et a presque doublé (+89 %) en 40 ans.

  • les taux d’émigration observés pour la France demeurent parmi les plus faibles de l’OCDE. L’émigration française se fait pour 85 % vers d’autres pays de l’OCDE, les États-Unis, l’Espagne, la Belgique et le Royaume-Uni concentrant en effet près de la moitié de ces expatriés.
  • Les tranches d’âge actif sont surreprésentées
  • Plus forte présence de jeunes immigrés dans certains pays, comme l’Irlande, qui comptait 21 % d’expatriés français âgés de 15 à 24 ans en 2015-2016, ou le Royaume-Uni (19 %).
  •  la mobilité des étudiants français a progressé sur la période récente,
  • Les émigrés sont en moyenne plus éduqués que les natifs restés en France, et l’écart entre les niveaux d’éducation de ces deux populations s’est accentué au cours des quinze dernières années.

 Évolution des effectifs de Français ou de personnes nées en France résidant à l’étranger

  • 109 000 Français ont émigré vers les autres pays membres de l’OCDE en 2018. Depuis 2014, le nombre de Français ayant émigré oscille entre 100 000 et 120 000 départs par an
  • Tendance à la hausse de l’émigration au cours de la période 2006-2018, avec une augmentation du nombre de départs annuels de 160 000 à 270 000, tous pays de destination confondus.

Où vivent les émigrés nés en France résidant dans les autres pays de l’OCDE ?

  • En 2019, 85 % des émigrés nés en France étaient installés dans les pays de l’OCDE (1,73 million), dont plus de la moitié dans l’Union européenne et au Royaume Uni. En outre, parmi les émigrés nés en France, environ un sur six résidait en Amérique du nord, 8 % en Afrique, 5,5 % en Asie et 3,5 % en Amérique Latine et Caraïbes. 
  • Entre 2000-2001 et 2015-2016, la population des émigrés nés en France a augmenté très rapidement 
    • en Israël (+107 %), 
    • en Allemagne (+97 %), 
    • au Royaume Uni (+79 %)
    • au Canada (+75 %),

alors que la hausse a été plus modérée dans les trois principaux pays de destination : 

  • États-Unis (+13 %), 
  • Belgique (+18 %) 
  • et Espagne (+11 %). 

L’Italie est, parmi les principaux pays de destination, le seul où le nombre d’émigrés nés en France a baissé au cours de cette période (–12 %). 

Parmi les émigrés nés en France résidant dans les autres pays de l’OCDE en 2015-2016, 

  • 22 % vivaient dans leur pays de destination depuis 5 ans ou moins, 
  • 11 % depuis 5 à 10 ans et deux-tiers depuis plus de 10 ans. 
  • Cette distribution diffère selon les pays : par exemple, la plupart des émigrés nés en France résidant en Italie, en Espagne et au Portugal ont une durée de séjour de plus de 10 ans,

Qui sont les émigrés nés en France résidant dans les pays de l’OCDE ?

LES FEMMES:

En 2015-2016, selon la Base de données sur les immigrés dans les pays de l’OCDE (DIOC), les femmes étaient légèrement plus nombreuses que les hommes au sein la population émigrée née en France : on comptait 53 % de femmes parmi les émigrés âgés de 15 ans et plus

LES 25-64 ANS

Trois-quarts des émigrés adultes nés en France résidant dans les pays de l’OCDE étaient âgés de 25 à 64 ans.

Près de 6 % des personnes nées en France et diplômées du supérieur résidaient en 2015-2016 dans un autre pays de l’OCDE, contre 2 % pour les personnes les moins éduquées. 

Des émigrés aux activités diversifiées  

Les étudiants français à l’étranger 

  • 2017: 90 000 étudiants nés en France ont émigré pour effectuer tout ou partie de leur cursus d’enseignement supérieur, alors que près de 900 000 émigrés nés en France travaillent dans d’autres pays de l’OCDE 
  • le nombre d’étudiants français en mobilité internationale a progressé au cours des dernières années, puisqu’il n’était que de 75 000 en 2013.
  • En 2017, les dix principaux pays de destination des étudiantes et étudiants français étaient le Canada (15 900 étudiants), le Royaume-Uni (13 100), la Belgique (10 600), et la Suisse (10 200), suivis par l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, l’Italie et l’Australie. 

Les naturalisations des Français à l’étranger 

  • une augmentation significative : en 2018, près de 20 000 Français ont acquis la nationalité d’un autre pays de l’OCDE

Causes:

  • l‘accroissement global de la population expatriée 
  • des événements extérieurs. Ex Brexit
  • Cas de la Suisse et du Luxembourg: Les évolutions observées en Suisse et au Luxembourg, avec respectivement une multiplication par 2,5 et 8 en neuf ans, sont aussi particulièrement remarquables. Les demandes de naturalisation enregistrées par le Luxembourg seraient plus généralement en hausse, particulièrement depuis l’introduction de la double nationalité en 200810. 
  • Au cours de la même période on observe par ailleurs un doublement des naturalisations au Canada (3 800 en 2018) et en Allemagne (900).

 Conclusion 

  • L’augmentation de l’émigration depuis la France au cours des dernières années est significative. 
  • Dans un contexte d’internationalisation et d’interdépendance croissante des économies, cet accroissement n’est pas surprenant et il concerne la plupart des pays du monde. 
  • la France reste pour l’instant un des pays de l’OCDE où le taux d’émigration est parmi les plus faibles
  • un certain rattrapage est en cours
  • les évolutions récentes posent la question d’un éventuel changement plus profond dans les prochaines années. (contexte de la pandémie de Covid-19 et récession mondiale, conditions sanitaires et restrictions de voyage))
  •  À moyen terme, nombre d’émigrés français verront leur situation économique se détériorer et devront peut-être réviser leurs choix de pays de résidence. 
  • Pour preuve les chiffres récents publiés par le Ministère des Affaires étrangères qui constate, pour la première fois,entre 2018 et 2019, une baisse de 5% du nombre de Français inscrits au registre mondial.

Sources: De la France vers le monde : que révèle l’augmentation de l’émigration française ? Marie-Apolline BARBARA, Jean-Christophe DUMONT (OCDE), Gilles SPIELVOGEL (OCDE)

Trésor-Éco n° 275 (Janvier 2021),  » De la France vers le monde : que révèle l’augmentation de l’émigration française ?  » (economie.gouv.fr)

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